Les métiers de l’industrie 4.0
Alors qu’au quatrième trimestre 2015, le taux de chômage en France s’établit à 10% en métropole, soit 2,9 millions de personnes (au sens du BIT), le premier souci des entreprises de mécanique industrielle reste de trouver du personnel motivé et compétent. Cette inadéquation entre l’offre et la demande revenait dans toutes les conversations et, notamment, lors des conférences sur l’Industrie 4.0 et les métiers du futur organisées lors du salon Simodec, qui vient de fermer ses portes.
Nos voisins Allemands, Espagnols, Italiens, Suisses voient leur taux de chômage reculer, et les industriels sont nettement moins en peine que leurs homologues français pour embaucher.
Que se passe-t-il en France pour qu’une telle situation perdure depuis si longtemps ?
Tout d’abord, la désaffection du grand public en général et d’une partie du corps enseignant en particulier pour les métiers dits « manuels » a la vie dure. Considérée souvent comme la dernière voie professionnelle possible pour ses propres enfants, les efforts actuels pour revaloriser cette image tardent à porter leurs fruits.
Vient ensuite la méconnaissance des conditions de travail, de salaire et d’évolution de carrière actuels des régleurs sur machine, des programmeurs, des roboticiens et de tous les techniciens et ingénieurs dont le métier consiste à créer – peu ou prou – les autos, avions, prothèses, robots, et autres éléments électromécaniques qui vont constituer le monde de demain. Aujourd’hui, leur métier est bien plus intellectuel que manuel. Demain, grâce à l’automatisation croissante des secteurs manufacturiers, ce seront de véritables pilotes d’ensembles complexes, aux responsabilités diverses et variées.
Et les vrais métiers manuels seront plus proche de l’Art que de l’artisanat.
Egalement, une grande distorsion persiste entre les entreprises et l’Education Nationale. Comme en Allemagne, les filières technologiques devraient se rapprocher encore plus des chambres de commerce et d’industrie régionales et des industriels, pour adapter en permanence, anticiper les besoins des entreprises. Le terme apprentissage n’a pas la même résonnance des deux côtés du Rhin ! En Suisse et en Allemagne, la plupart des dirigeants d’entreprises de mécanique, et tout leur staff, sont issus de l’apprentissage. En France, on oriente plus vers ce mode de transmission les laissés pour compte que les éléments prometteurs, même si les intentions de changer cet état de fait se font de plus en plus jour.
Devant ces freins, les nouvelles grandes régions peuvent devenir un moteur puissant de rapprochement des besoins entre l’offre et la demande. Si, mettant leurs divergences idéologiques de côté, tous les acteurs concernés travaillent ensemble pour mettre en oeuvre des solutions éprouvées, il est encore temps d’inverser cette fatalité franco-française. Mais il faut faire vite, car les métiers du futur sont déjà à pourvoir.