Mettre un terme au « plastic bashing »
Le projet de loi pour une économie circulaire, voulu par la secrétaire d’Etat à la Transition écologique, pourrait être adopté d’ici le mois de mars prochain, lequel rendra possible le déploiement d’un système de consigne en France, afin de lutter contre la pollution plastique et de tendre vers l’objectif de 100% de plastique recyclé d’ici 2025. Ainsi, le gouvernement souhaite marquer l’accélération du changement des modèles de production et de consommation, afin de limiter les déchets. Un dossier pour lequel les acteurs de la Plastics Vallée d’Oyonnax, la plus forte concentration d’entreprises de plasturgie en France, sont particulièrement attentifs.
« La matière plastique devient brutalement une mal-aimée de nos sociétés de consommation là où elle était encore appréciée il y a peu de temps », regrettait-on, déjà fin décembre 2018, à la Fédération de la plasturgie et des composites. Et de rappeler que les plastiques restent « des matériaux clefs de la transition écologique, car ils sont recyclables et permettent de limiter notre impact carbone », assure Benoit Hennaut, président de la Fédération de la plasturgie et des composites.
Selon la fédération, les plasturgistes « travaillent à tous les niveaux » pour développer ce « nouveau modèle de l’économie circulaire », prioritairement sur la collecte, l’écoconception et le recyclage. Des efforts qui avaient déjà été initiés dans le cadre de la FREC (Feuille de route économie circulaire) afin de concevoir de nouvelles solutions. « Trier et recycler les plastiques usagés représente un incroyable levier pour s’engager dans l’économie circulaire et le développement durable. C’est un effort qui doit être porté aussi bien par les industriels, que par les particuliers. C’est ainsi que cessera l’amalgame entre plastiques et déchets », poursuit Benoit Hennaut. Celui-ci fait le vœu de mettre enfin un terme au « plastic bashing », « pour qu’il ne soit pas une fatalité mais l’occasion de nous engager encore plus fortement pour demeurer cet acteur innovant et responsable que nous avons toujours été ».
Les fabricants concevant leurs produits de manière écologique bénéficieront d’un bonus sur la contribution qu’ils versent pour la gestion et le traitement de la fin de vie de leurs produits. À contrario, les fabricants n’intégrant pas l’écoconception dans leur manière de produire verront cette contribution augmenter avec un malus. Mais au président de la Fédération de la plasturgie et des composites de prévenir : « Il y a un enjeu de disponibilité des matières qui va nécessairement peser sur les entreprises, un système de bonus/malus aveugle pourrait s’avérer lourd de conséquence pour les entreprises, reconnaît-il. De plus, l’incorporation de plastiques recyclés avec des taux réglementés doit s’accompagner de contrôles à l’importation. »