Entre micro et macro, la mécanique bouge !
Consacrée en partie aux salons EPHJ-EPMT-SMT de Genève et SIAE du Bourget, ouvrant une perspective large depuis la micromécanique horlogère et médicale jusqu’à l’aéronautique, cette édition de Machines Production montre l’étendue des évolutions qui bouleversent les métiers de la mécanique.
Vivant une désindustrialisation constante depuis plus de 3 décennies, l’industrie mécanique française semble avoir atteint son point bas. Il lui permet aujourd’hui de s’appuyer sur des forces vives de reconquête, à la fois économiques et technologiques.
Si les pôles de compétitivité ont joué un rôle dans ce rebond, c’est grâce à l’initiative de collectivités territoriales, d’industriels et d’universitaires, comprenant que les enjeux dépassaient le pessimisme médiatique, pour s’inscrire dans la volonté d’agir collectivement dans ce monde en mutation.
Les plus sceptiques sont entraînés dans ce mouvement par la nécessité de regroupement, d’alliances et de communication, que l’entreprise étendue implique entre donneurs d’ordres, équipementiers et sous-traitants de spécialité ou de capacité.
Alors qu’il était en retard dans ce domaine, notre pays est en train de le combler en voyant des Entreprises de Taille Intermédiaires, les ETI, se créer dans les segments les plus compétitifs de la sous-traitance en mécanique de précision, générale, décolletage, l’outillage pour la fabrication aéronautique, automobile, médicale, navale ou de l’énergie.
Dans le domaine de la micromécanique et de la mécanique de précision, les entreprises de sous-traitance ont su s’organiser autour de ces pôles pour favoriser l’innovation. Les plus grandes entreprises du luxe s’appuient sur le dynamisme de start-up, ou sont en passe de le faire.
Dans l’aéronautique et le spatial, les bienfaits d’une organisation à l’échelle de l’Europe se font sentir afin que l’industrie hexagonale prenne toute sa place dans une concurrence désormais tripolaire, entre les continents américains, asiatique et européens.
Innovant, le secteur de l’automobile présage d’une mécatronique nécessitant une ingénierie de premier plan mondial. Fortement présente dans notre pays, elle mérite et attire toute l’attention des groupes mondiaux d’origine hexagonale.
Si la France a perdu depuis longtemps sa place dans le concert des nations constructrices de machines-outils, elle conserve un savoir-faire en fabrication mécanique, depuis la micromécanique jusqu’aux plus grands ensembles technologiques, qui la place toujours en 6e position mondiale dans ce secteur.
L’optimisme économique et technologique est donc de rigueur, à la veille du 52e Salon International de l’Aéronautique et de l’Espace du Bourget. Les nombreux témoignages et dossiers de cette édition en apportent la démonstration.
Et tant pis pour les grincheux !