La transparence des chiffres
Tous les numéros de la revue Machines Production persistent à démontrer que les solutions les plus performantes de fabrication mécanique sont à la fois bonnes pour les entreprises et pour les professionnels qui en font partie. C’est sa vocation.
Et pourtant, malgré ce rôle de revue professionnelle à tenir, notre rédaction ne peut échapper à une réflexion plus générale, intégrant tous les paramètres économiques auxquels chaque entreprise française de mécanique doit faire face, dans un monde industriel globalisé.
Notamment, le contexte des charges fiscales et sociales dans lequel évolue les entreprises de notre pays est souvent dénoncé par nos interlocuteurs lors de reportages, comme un poids plus lourd sur leurs épaules que chez leurs compétiteurs internationaux.
Une Histoire particulièrement riche en modifications du code du travail a donné à notre pays l’image d’un modèle social unique. Mais, dans le cadre d’une évolution industrielle et numérique croissante, il reste figé sur un passé qui devient trop passif.
Car le revers de cette générosité collective revendiquée réside trop souvent dans l’incompréhension des marchés du travail, le rejet de la réussite individuelle, l’abandon des notions de devoirs de chacun, le refus du changement.
Tout cela est exacerbé par le manque de transparence et l’absence d’analyse objective de leur propre situation économique, par beaucoup trop de nos concitoyens. Cela est aussi dû à l’inexistence d’une formation impartiale aux mécanismes économiques du monde actuel, depuis le collège jusqu’aux plus grandes universités. Il devient ensuite facile aux prédicateurs de tout bord d’annoncer l’apocalypse des droits de chacun, pour ne pas relever les devoirs d’adaptation de tous.
Par exemple, une grande partie des salariés français ne savent pas quel est le montant réel de leur rémunération brute, charge sociales et patronales incluses. Tout salarié, du secteur privé ou public, n’a souvent conscience que de son salaire net, sans savoir le montant réel de sa rémunération globale. L’opacité des charges, la longueur des fiches de paie, l’épaisseur du code du travail ne font que noyer sa compréhension.
Et il en va de même dans toutes les strates de la vie française. Pourquoi faire simple, lorsqu’on peut faire compliqué ? Peut-être parce qu’il est difficile de démêler l’écheveau législatif ? Peut-être parce que nos concitoyens y trouvent leur compte ?
Toujours est-il qu’aujourd’hui, cette forme d’aveuglement du plus grand nombre n’a plus lieu d’être, car les entreprises, et la Nation avec elles, ont besoin de toutes les intelligences et de la meilleure compréhension économique de chacun pour affronter ensemble un monde en changement très rapide.
Cette adaptation passe par la transparence des chiffres à tous les niveaux.
Et beaucoup de pédagogie.