EUROMAC s’attaque aux forets
Spécialiste de l'alésage, ce fabricant français d'outils tournants étend son programme à la réalisation de forets et micro-forets. L'investissement réalisé pour cela permet le stockage et la réalisation d'outils standards et spéciaux avec réactivité. Interview de François Bourgeois, fondateur et dirigeant de l'entreprise.
MP : M. Bourgeois, vous vous êtes toujours positionné comme le spécialiste de l’alésoir carbure monobloc, est-ce encore le cas ?
FB : Il est vrai que depuis la création d’Euromac en 1980, ma réputation a toujours été celle d’un spécialiste de l’alésoir en carbure monobloc. Ce positionnement est depuis toujours un choix stratégique sur un marché de l’outil coupant très concurrentiel. Je me démarque ainsi grâce à un standard d’alésoirs à progression centésimale largement stocké, à une qualité irréprochable et aussi à des délais de fabrication très courts et toujours respectés. Cependant, ce positionnement ne m’empêche pas de développer mes autres secteurs de production tels que le perçage, le fraisage, et les outils spéciaux. Je suis notamment en train de revisiter l’ensemble de ma gamme forets.
MP : Qu’en est-il des nouveautés que nous avions évoquées ensemble lors de notre précédente interview ?
FB : J’ai effectivement travaillé sur de nouveaux outils et je propose désormais des forets à trou d’huile en 2 et 3 lèvres ainsi que des micro-forets. Les forets à trou d’huile sont proposés en standard avec 2 lèvres pour des longueurs 3D-5D-8D et 12D, avec ou sans revêtement. Les forets 3 lèvres sont fabriqués dans un standard similaire au 3D. Nous sommes en mesure de fournir également dans un délai de quelques jours des longueurs plus importantes ainsi que toutes cotes intermédiaires. Pour les forets, le revêtement proposé est le Mach 1 qui donne d’excellents résultats dans la majorité des matériaux usinés. D’autres revêtements spécifiques peuvent être étudiés pour les cas particuliers. Le micro-perçage est également à l’honneur. Nous pouvons réaliser des outils à partir du diamètre 0.1 mm, dans tous les diamètres par centième de mm, avec queue renforcée. Actuellement, ces outils sont traités exclusivement en spécial mais la création d’un standard adapté aux besoins de la clientèle est prévue dans un avenir proche.
MP : Pourquoi vous développer dans le perçage ?
FB : Si l’alésoir est l’outil phare d’Euromac, le perçage a toujours fait partie intégrante de notre catalogue, mais notre offre en standard était limitée. La géométrie d’un alésage dépend également de la qualité du perçage. Or, nous avons le souci d’apporter à nos clients une réponse globale. C’est ainsi que nous pouvons proposer toute la panoplie d’outils nécessaires à la réalisation de trous de précision, du pointage à l’alésage, en passant par le perçage et le redressage. Le développement des machines équipées de broche avec lubrification par le centre justifiait notre développement dans les forets à trous d’huile jusque-là traités en fabrication spéciale. Aujourd’hui, nous standardisons ces outils. Leur mise en stock est en cours de réalisation.
MP : Vous avez évoqué la fabrication d’outils spéciaux. Quels sont vos avantages concurrentiels ?
FB : Si la demande est vaste, l’offre l’est tout autant, mais la qualité fait la différence. De plus en plus d’entreprises viennent me voir avec une problématique d’usinage relativement complexe. Je suis bien conscient qu’il ne suffit plus aujourd’hui de vendre du standard. Mon objectif est d’apporter un soutien technique à mes clients et de leur proposer des outils que je qualifierais de » sur-mesure « . J’estime que la satisfaction de l’utilisateur est primordiale et pour cela il faut être sûr de pouvoir proposer des outils sans défauts et livrables dans les plus brefs délais. Je me suis donc attaché à doter Euromac de tous les moyens techniques nécessaires à l’atteinte de cet objectif, y compris de matériels de métrologie ultra modernes et performants. Le raisonnement est élémentaire : pour livrer de bons produits, il est indispensable d’utiliser du personnel très compétent, des machines de production toujours plus modernes, et de pouvoir contrôler tous les outils avec une fiabilité maximale.
MP : Vous avez participé cette année au SIMODEC, qu’en avez-vous pensé ?
FB : C’était notre première participation à ce salon, et nous en sommes très satisfaits. Les contacts ont été nombreux et ont dépassé le cadre de la vallée, un quart d’entre eux venant d’entreprises étrangères. Nous avons amorcé ou consolidé des partenariats commerciaux dignes d’intérêt.