Contexte favorable pour L’EMO de Milan
Du 5 au 10 octobre 2015, le parc des expositions de Fieramilano accueille le salon mondial de la machine-outil, l'EMO. Les organisateurs ont fait le tour du monde et sont venus en France afin de présenter cette édition. Elle se présente sous les meilleures auspices, tant en termes économiques que techniques.
Salon biennal itinérant en alternance avec Hanovre, l’EMO n’était pas revenu à Milan depuis 2009, année difficile en termes économiques. Propriété du CECIMO, Association européenne des constructeurs de machines-outils, cet événement profite d’une expérience de plusieurs décennies, et bénéficie de l’expertise de l’industrie italienne, sous l’égide d’Ucimu sistemi per produrre, association des constructeurs italiens de machines-outils. Sur une surface de près de 120 000 m2, 12 pavillons vont accueillir plus de 1?400 exposants et 150 000 visiteurs, qui vont découvrir la plus moderne et la plus éclectique des usines au monde. Machines-outils, robots, systèmes d’automatisation, fabrication additive, solutions mécatroniques et technologies auxiliaires y seront exposés pour présenter la production internationale du secteur, qui représente un chiffre d’affaires annuel de 64 milliards d’euros. En tête des exposants inscrits, les entreprises italiennes sont suivies des entreprises allemandes, puis taiwanaises, chinoises et suisses. Les exposants français sont relativement peu nombreux, dépassant la cent cinquantaine d’inscrits en juillet. Directement relié au quartier de Fieramilano Rho-Pero, le site de l’Exposition mondiale 2015 offre des synergies intéressantes pour les milliers de visiteurs qui afflueront à Milan du monde entier.
Les bonnes perspectives de l’EMO 2015
Contrairement à 2009, dernière édition milanaise de l’EMO, l’exposition 2015 se présente sous des indicateurs économiques favorables. Même si des signes de ralentissement se font jour aux USA ou en Chine, la santé du secteur en Europe est plutôt à la hausse. L’aéronautique a, notamment, un carnet de commande bien rempli et doit investir pour y faire face. Lors de la conférence de presse parisienne, le directeur de la manifestation, Alfredo Mariotti, déclarait : » Au premier trimestre 2015, l’indicateur des commandes de machines-outils auprès des constructeurs italiens, élaboré par le Centre Etudes et Culture d’Entreprise de l’Ucimu, a enregistré une hausse de 2,2 %, par rapport à la même période de 2014, confirmant désormais la tendance positive sur six trimestres consécutifs. Ce bon résultat tient surtout à l’évolution des performances de notre marché intérieur (+15,4 %). Des chiffres qui confirment le démarrage d’un nouveau cycle de développement du marché des machines outils en Italie, qui se concrétisera avec des hausses de plus en plus affirmées : + 5,3 % en 2015, +5 % en 2016, +7,4 % en 2017 (données Oxford Economics), au bénéfice donc de l’EMO Milano 2015. » Alfredo Mariotti conclut : » Ces chiffres, ajoutés aux bonnes prévisions pour les commandes totales de machines-outils dans le monde, qui devrait atteindre 60 milliards en 2015, 63 milliards en 2016 (+5,2 %), et 66 milliards en 2017 (+4,8 %), sont de très bon augure pour le succès de la manifestation. » En France, les indicateurs sont également positifs, comme le soulignait Jean Tournoux, Directeur du symop, syndicat des constructeur français : » Avec une hausse des commandes de 1,2 % au premier trimestre, de 3 % au second et une prévision de hausse de 4,9 % pour le 3?ème trimestre 2015, les fournisseurs d’équipements de production observent un marché domestique un peu plus réactif. De plus, les incitations fiscales à l’investissement sont conséquentes et les investisseurs potentiels ont tout intérêt à se rendre à Milan pour conforter leurs choix. »
Usine du futur et fabrication additive
Les premiers acteurs technologiques de l’EMO sont naturellement les exposants eux-mêmes et cette édition démontre largement leurs efforts d’innovations concrétisés sur ce salon. Deux tendances devraient se dégager au travers des visites de stand, renforcées par diverses initiatives des organisateurs. L’usine du futur, ou l’usine 4.0 devient un leit-motiv pour désigner l’évolution forte vers la connexion des biens d’équipements entre eux, avec les moyens de pilotage, de contrôle et de surveillance, pour fonctionner avec une autonomie toujours plus importante. Les machines-outils sont au centre de cette évolution, accompagnées dans ce mouvement par les logiciels de programmation et de supervision, les robots, les systèmes de mesure et contrôle. Tout ce qui permet aux objets d’être connectés participe également de cette tendance. Autre point marquant de l’EMO 2015, l’intégration de la fabrication additive dans les entreprises de fabrication mécanique prend un essor remarquable. Un espace d’exposition sera spécialement consacré aux technologies additives, où seront présentés, outre les machines elles-mêmes, certains des produits déjà réalisés pour le monde de la mécanique. Le programme prévoit également des rencontres, des ateliers et des conférences spéciales, comme celle organisée par l’UCIMU en collaboration avec l’AITA et le CECIMO, pour aider les professionnels à mettre en lumière les avantages compétitifs que les technologies additives peuvent donner dans certains usinages et processus de production.