Les Héros de l’industrie Saison 2 – Episode 6

Mission accomplie !

Alors que les machines sont à peine refroidies et que l’odeur de métal chaud se diffuse des tôles assemblées, le temps semble suspendu un instant au parc des expositions de Villepinte. Les outils sont reposés, les écrans d’ordinateurs en veille, mais les regards, eux, restent accrochés à ce qui vient de se jouer.

Dans cet entre-deux propre aux fins de compétition, entre fatigue et lucidité, les candidats des Golden Tech livrent dans la foulée ce que l’épreuve a laissé en eux : des certitudes ébranlées, des stratégies assumées ou regrettées, et cette impression tenace que trois heures, parfois, suffisent à redessiner un parcours.

Nos cinq Héros de l’industrie retrouvent Jérôme Meyrand, le rédacteur en chef de Machines Production, qui les attend en plateau. Entre fierté discrète et déception à peine masquée, c’est déjà un autre moment qui commence, celui du bilan, où l’on mesure moins le résultat que ce que l’on a appris en chemin.

« Le moment où j’ai pris du plaisir ? C’est surtout quand j’ai commencé à designer le flacon et la boîte », confie le concepteur Florentin, qui reconnaît avoir pris goût à la partie mécanique, qui nécessite une certaine logique d’esprit et beaucoup de pragmatisme.

Le roboticien Thomas s’en mord les doigts, après avoir « lâchement abandonné la vision, au bout de quinze minutes en début d’épreuve ». Sa stratégie :  travailler sur un process « plus simple » et « plus basique » afin de se donner les chances d’aller jusqu’au bout. Finalement, Thomas ne parviendra pas à mener l’épreuve à son terme. Il porte un regard lucide et modeste à la fois sur sa prestation : « Je m’en veux mais ça arrive, on est là pour apprendre. »

Mao, candidat pour le métier de plieur, termine son épreuve content de lui et surtout « d’avoir terminé sa pièce », un coffret renfermant une bouteille. « Je m’en suis plutôt bien sorti », dit-il.

Anthony, lui aussi, se dit satisfait. Le fraiseur reconnaît avoir gagné en expérience alors qu’il a déjà participé aux Golden Tech en 2025. « J’ai fait des choix stratégiques pour avancer un peu plus vite dans l’usinage, alors on verra à la fin si ça paye ou pas. »

Enfin, pour le soudeur Jérémie, l’exercice a été « compliqué ». « On pense qu’on a beaucoup de temps pour faire la pièce, on pense que trois heures c’est long, mais en fin de compte ça passe à une vitesse dingue », évalue-t-il. Toutefois, une fois arrivé au bout de l’épreuve et au regard de la pièce qu’il a fabriquée, Jérémie se montre confiant et satisfait.

Portfolio

Les mots du ministre de l’Industrie

Avant de découvrir les résultats pour nos cinq candidats, c’est à l’Hôtel des ministres, à Bercy, siège du ministère de l’Économie et des Finances, que nous retrouvons Sébastien Martin, le ministre délégué chargé de l’Industrie. Pour ce premier supporter des Golden Tech, l’industrie renferme des « savoir-faire exceptionnels » grâce à leurs salariés et à leurs compétences, lesquelles sont « valorisées à travers les Golden Tech ».

Retour sur la Grande Scène du parc des expositions de Villepinte. Place aux résultats. Florentin ne montera pas sur le podium, mais l’heure n’est pas au regret, car il a beaucoup appris de cette épreuve. « Je ne vois pas vraiment ça comme un échec, mais comme une manière de pouvoir progresser davantage dans des domaines que je ne connaissais pas. Certes, cela m’a un peu bridé au départ », analyse celui qui est parvenu à sortir de sa zone de confort, « et c’est ça qui était vraiment le plus important pour moi ».

« Une bonne expérience »

Pour sa première participation aux Golden Tech, Mao remporte une belle médaille de bronze. Notre héros confie éprouver une réelle satisfaction. « Je suis très content pour une première participation. C’était une très bonne expérience, je le referai. »

Malheureusement, Anthony reste au pied du podium. Il rentre déçu mais il se promet de revenir en 2027. « J’en tire un petit peu d’expérience par rapport à tout ce que ce que j’ai pu voir au cours de la compétition. C’est une bonne remise en question pour m’améliorer l’année prochaine. »

Il visait l’or et c’est une très belle médaille d’argent pour Jérémie. Il faut dire que la concurrence était rude. Il confie avec humilité : « Je suis très content et fier. Cette médaille, c’est une récompense aussi pour moi (…). Le positif dans tout ça, c’est qu’on se remet en question, on n’est pas premier, on n’est pas le meilleur. On participe avec des gens qui sont très bons dans le métier. J’ai rencontré des soudeurs qui sont passionnés comme moi et ça fait beaucoup de bien. »

« Je m’en veux »

Thomas n’a pas pu participer à la remise des médailles et c’est depuis son lieu de travail qu’il nous confie ses réactions alors qu’il a remporté une médaille de bronze. Il ressent « un petit peu de déception dans le sens où j’ai terminé troisième, pas premier, car c’était la place que je visais forcément ». Il revient sur son épreuve : « Je m’en veux un peu parce que j’ai voulu tout de suite me lancer dans le niveau difficile pour essayer de maximiser le nombre de points. Ça n’a pas été une stratégie payante, puisque je me suis vite rendu compte qu’en deux heures de temps ça allait être trop juste. On apprend toujours de soi-même dans les défaites, ça c’est sûr. » Mais Thomas compte revenir l’année prochaine pour « retenter la première place ».

La deuxième saison des Héros de l’industrie s’achève. À travers cinq métiers, incarnés par cinq professionnels engagés et passionnés, cette série aura voulu donner à voir une facette vivante et humaine du monde industriel. Une aventure riche, que nous avons souhaité partager avec vous. Et déjà, se dessine l’envie de prolonger ce récit : rendez-vous l’an prochain pour une nouvelle saison.

Nos cinq héros

Portfolio

Thomas Beuchot

Roboticien

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Mao Forestier-Loinard

Plieur

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Florentin Jager

Concepteur

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Anthony Barbet

Fraiseur

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Jérémie Grandjean

Soudeur