Les Héros de l’industrie – Episode 5 :

Un mauvais choix… et tout peut basculer

30 minutes. C’est tout ce qu’il leur reste.

Dans les ateliers, l’atmosphère est tendue. Les machines tournent à plein régime, les regards sont fixés sur les écrans, les mains sur les pupitres de commande.

Nos cinq candidats – Gaël, Florian, Xavier, Quentin et Damien – sont à fond.

L’échéance approche, les nerfs lâchent, mais la passion tient.

Qui ira jusqu’au bout ?

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Gaël : porté par l’exigence et l’amour

Pour Gaël, concepteur produit, cette dernière ligne droite n’est pas un sprint en solitaire. Il peut compter sur un soutien solide : celui de son épouse, sa première fan, présente jusqu’au bout, au bord du ring. « Je crois vraiment en lui, il fait toujours plus que ce qu’on lui demande. Et puis, on se motive aussi depuis le début. Il veut toujours apporter le petit truc en plus afin que la réalisation soit meilleure et qu’elle puisse sortir du lot. C’est quelque chose qu’il exploite, qu’il cultive au quotidien. »

Gaël ne joue pas la facilité. Il ose, il innove. Il transforme l’exercice de conception en allant chercher une forme inédite, sous l’œil surpris de Juliane Lemarchand, arbitre pour le métier de concepteur produit. « Pour le moment on a un projet qui est assez innovant. On a une coque de pirogue. C’est la toute première coque de pirogue qu’on voit sur la compétition, s’étonne-t-elle. C’est assez sympathique et rigolo à voir et j’ai l’impression qu’il a choisi de faire un vélo elliptique pour le mouvement, donc j’ai hâte de voir le rendu final et le mélange des deux surtout. Comment il va réussir à agencer tout ça, ça peut être très marrant. »

Florian : le rebond du roboticien

Pour Florian, les débuts ont été compliqués. Mais c’est dans la difficulté qu’il s’est révélé. Quand certains auraient paniqué, lui a su réagir avec calme et méthode. Son robot est relancé, sa trajectoire corrigée. « Florian a réussi très vite à rebondir sur la partie mécanique où il s’est rendu compte qu’il avait perdu beaucoup de temps, analyse Julie Debock, arbitre en robotique. Sur la programmation, c’était extrêmement clair pour lui. Il maîtrise vraiment bien cette partie-là et il a réussi à rebondir de manière assez surprenante puisqu’il a rattrapé tout son retard. »

Un retour en force salué par ses pairs.  « Je pense qu’aux Golden Tech, Florian et son frère [il participe à la même épreuve] seront dans les favoris », témoigne Baptiste Bradane, un confrère automaticien. Et de préciser : « Parce qu’ils possèdent un très bon niveau en robotique. » Il va même jusqu’à pronostiquer que l’un ou l’autre sortira vainqueur de la compétition.

Xavier : une erreur qui coûte cher

Du côté de Xavier, tout ne s’est pas passé comme prévu. Le tourneur a connu un accroc en plein cœur de l’épreuve : une erreur de programmation. « Xavier a rencontré quelques difficultés en cours de programmation parce qu’il a appelé un mauvais programme qui a fait que sa pièce a été erronée, commente l’arbitre Benoit Lallier. Il a su reprendre le dessus en corrigeant assez rapidement. Malgré tout, cela lui a fait perdre pas mal de temps afin de pouvoir récupérer cette erreur, avec, j’imagine, le stress et l’envie d’aller au bout. Désormais, il arrive sur des problématiques de réglage qui fait qu’il ne pourra pas atteindre l’objectif final d’usiner complètement la pièce [en l’occurrence un sous-marin miniature]. » Le stress est monté d’un cran.

Xavier a bénéficié d’un solide soutien moral. « Je pense qu’il a tout pour réussir, c’est un battant et donc il n’y a pas de raison que ça ne se passe pas bien pour lui, admet Agnès Reinhard, professeur comme lui au lycée technique Clément-Ader, dans le Gers. Je pense qu’il peut revenir avec une médaille dans les deux métiers d’ailleurs. »

Quentin : la passion plus forte que la programmation

Quentin, le soudeur, a lui aussi connu des débuts hésitants en programmation. Mais sur son terrain de prédilection, là où la main prend le relais du code, il a brillé. L’arbitre Jean-Luc Bombardier est confiant. « Sa préparation s’est bien passée tout comme l’assemblage [des plaques d’acier qui formeront la structure de la fusée]. La programmation a été un peu plus difficile. Par contre, en termes de paramétrage soudage, ses choix et ses paramètres sont bons. Et les soudures sont belles. »

Quentin avait un coach pour se préparer aux Golden Tech. Celui-ci n’a jamais douté de son « poulain ». « Les qualités de Quentin sont une passion pour la soudure, ce qui est un avantage. Et il possède également une culture dans le soudage pour l’industrie nucléaire, de par son passé, qui est un axe de développement chez Eiffage Energie Systèmes. Donc forcément, c’est un avantage et un atout majeur pour nous », témoigne son coach Julien, pour qui la participation de Quentin aux Golden Tech « est une très bonne initiative pour l’image de l’entreprise, d’autant plus qu’il a une excellente dextérité et que c’est un très bon soudeur. » Et d’ajouter : « Je suis convaincu qu’il va faire une bonne performance. »

Damien : la mécanique en famille

Pour Damien, le moment le plus tendu de l’épreuve s’est déroulé dans la machine. Car la trajectoire d’une fraise mal paramétrée aurait pu tout faire basculer. « On a pas mal avancé par rapport à tout à l’heure. Il a fini ses ébauches donc c’est plutôt bien, confie Julien Olivieri, arbitre fraiseur. Sauf qu’on a frôlé la catastrophe, une fraise de 6 [mm] a touché le brut au niveau du corps d’outil. Miraculeusement, elle n’a pas cassé. Tant mieux pour lui, parce que cette erreur aurait été éliminatoire. Du coup, il a pu poursuivre son concours. »

Dans les tribunes, ses parents regardent avec émotion celui qu’ils ont vu grandir dans l’atelier familial. « Damien est passionné depuis l’âge de 10 ans. Tout petit, il venait nous aider à mettre des pièces dans les machines et ça lui plaisait. Alors, il a continué avec son papa », raconte son maman Christine. « Il a une façon de travailler qui est différente de celles des autres usineurs. En fait, il travaille de la même façon que moi. Il prépare ses programmes en amont. Pendant que sa machine usine, il réalise d’autres opérations. Il travaille vraiment en temps masqué sur l’usinage et la programmation », explique Jean, son papa.

L’épreuve touche à sa fin…

Quentin, Florian, Damien, Gaël, Xavier… nos cinq Héros de l’industrie ont tout donné. Ils ont connu la tension et les erreurs de programmation, mais aussi l’excitation, la maîtrise et la résilience. Après des heures d’efforts, de doutes et de passion, l’épreuve touche à sa fin.

Le verdict approche. Les dés sont jetés. Le temps de vérité est arrivé.

Nos cinq héros

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Florian Beuscart

Roboticien

29 ans

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Xavier Escarabajal

Tourneur

50 ans

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Gaël Léonard

Concepteur produit

35 ans

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Damien Leone

Fraiseur

31 ans

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Quentin Tessier

Soudeur

40 ans