Alors que les machines sont à peine refroidies et que l’odeur de métal chaud se diffuse des tôles assemblées, le temps semble suspendu un instant au parc des expositions de Villepinte. Les outils sont reposés, les écrans d’ordinateurs en veille, mais les regards, eux, restent accrochés à ce qui vient de se jouer.
Dans cet entre-deux propre aux fins de compétition, entre fatigue et lucidité, les candidats des Golden Tech livrent dans la foulée ce que l’épreuve a laissé en eux : des certitudes ébranlées, des stratégies assumées ou regrettées, et cette impression tenace que trois heures, parfois, suffisent à redessiner un parcours.
Nos cinq Héros de l’industrie retrouvent Jérôme Meyrand, le rédacteur en chef de Machines Production, qui les attend en plateau. Entre fierté discrète et déception à peine masquée, c’est déjà un autre moment qui commence, celui du bilan, où l’on mesure moins le résultat que ce que l’on a appris en chemin.
« Le moment où j’ai pris du plaisir ? C’est surtout quand j’ai commencé à designer le flacon et la boîte », confie le concepteur Florentin, qui reconnaît avoir pris goût à la partie mécanique, qui nécessite une certaine logique d’esprit et beaucoup de pragmatisme.
Le roboticien Thomas s’en mord les doigts, après avoir « lâchement abandonné la vision, au bout de quinze minutes en début d’épreuve ». Sa stratégie : travailler sur un process « plus simple » et « plus basique » afin de se donner les chances d’aller jusqu’au bout. Finalement, Thomas ne parviendra pas à mener l’épreuve à son terme. Il porte un regard lucide et modeste à la fois sur sa prestation : « Je m’en veux mais ça arrive, on est là pour apprendre. »
Mao, candidat pour le métier de plieur, termine son épreuve content de lui et surtout « d’avoir terminé sa pièce », un coffret renfermant une bouteille. « Je m’en suis plutôt bien sorti », dit-il.
Anthony, lui aussi, se dit satisfait. Le fraiseur reconnaît avoir gagné en expérience alors qu’il a déjà participé aux Golden Tech en 2025. « J’ai fait des choix stratégiques pour avancer un peu plus vite dans l’usinage, alors on verra à la fin si ça paye ou pas. »
Enfin, pour le soudeur Jérémie, l’exercice a été « compliqué ». « On pense qu’on a beaucoup de temps pour faire la pièce, on pense que trois heures c’est long, mais en fin de compte ça passe à une vitesse dingue », évalue-t-il. Toutefois, une fois arrivé au bout de l’épreuve et au regard de la pièce qu’il a fabriquée, Jérémie se montre confiant et satisfait.






