Un parcours guidé par la passion pour la micromécanique
Anthony Barbet, candidat pour l’épreuve de faiseur, est un entrepreneur passionné par la micromécanique. Les caméras des Héros de l’industrie l’ont suivi durant une intervention au lycée Edgar-Faure de Morteau (Doubs), consacré aux métiers de la précision et du luxe. Ce consultant de 47 ans, qui donne des cours de FAO (fabrication assistée par ordinateur), a fondé Prysmeo, une structure spécialisée dans l’accompagnement et l’optimisation des process, dans les entreprises de mécanique travaillant pour le secteur du luxe.
Son arrivée dans la micromécanique s’est fait de manière fortuite. Celui qui avoue ne pas être « issu de ce métier » s’est pris au jeu avec enthousiasme. Anthony confie avoir découvert une activité « hyper intéressante », « le fait d’usiner des pièces, de créer des objets à partir d’outils qui vont réaliser des trajectoires, créer des motifs afin d’obtenir une forme définie ». Et d’ajouter : Et ça, c’est génial parce que c’est hypnotisant, captivant, c’est devenu ma passion. C’est quelque chose qui me tient à cœur », s’emporte-t-il. C’est aussi ce qui le motive à transmettre aux plus jeunes une passion contagieuse. Mais pas seulement : car il cherche également à leur faire comprendre « la réalité du terrain », le choix de telle ou telle machine, son usage. « Chaque machine remplit une fonction bien spécifique et toutes les pièces ne vont pas forcément s’adapter à cette machine-là, donc il faut pouvoir choisir la bonne machine, le bon logiciel de programmation aussi, et tout cela dans un écosystème qui soit le plus fiable possible », enseigne Anthony.
Poursuivant sur son élan, Anthony a décidé de créer sa propre marque de montres et de bijoux : Prysmatik. Un projet dont il se dit particulièrement fier, mené avec la collaboration de Léa Parasecoli, une ancienne élève du lycée Edgar-Faure. Ensemble, ils ont conçu leur première montre « avec une vraie identité, des facettes asymétriques », résume-t-il. On y trouve la touche « design » de Léa et le savoir savoir-faire en usinage et industrialisation d’Anthony.
C’est la deuxième année consécutive qu’il participe aux Golden Tech. Après une troisième place, il compte bien monter une ou deux marches de plus sur le podium. D’autant plus que cette année le thème est orienté vers l’univers du luxe. « Je me suis préparé plutôt sur la partie programmation avec des exercices autour d’objets plus différents de ce que je fais d’habitude, explique-t-il. Il faut savoir que sur les Golden Tech, on est plutôt sur des grosses pièces à usiner, alors que je travaille dans l’horlogerie, donc sur des pièces de plus petite taille. » Mais Anthony est capable de mettre à l’épreuve son savoir-faire. « J’ai envie de me remettre en question via le concours des Golden Tech », assure celui qui se sent prêt « pour aller chercher la victoire ».
Dans la bulle du soudeur
Jérémie Grandjean est notre candidat pour l’épreuve de soudeur. Avant de le suivre durant l’épreuve, il nous a donné rendez-vous dans l’entreprise de tôlerie fine Faust, située près de Strasbourg. Carrure robuste, crâne dégarni et barbe fournie, il dirige une équipe de mécano-assembleurs. D’emblée, il associe son métier à la passion, alors qu’il n’était pas prédestiné à manier la torche. « J’étais parti à la base dans des études de physique-chimie », raconte-t-il. Seulement voilà, entouré de deux frères chaudronniers, le virus a fini par passer. Du jour au lendemain, Jérémie enfile l’incontournable casque de sécurité et se lance dans cette pratique qui consiste à unir les métaux par le feu.
Aujourd’hui, notre soudeur philosophe parle de son métier comme une vocation incarnée. « Un soudeur, c’est quelqu’un qui baisse son casque et qui est dans sa bulle. Moi, je le conçois comme ça, chaque soudure c’est comme une œuvre d’art. Il faut que la soudure soit belle, que la pièce soit belle, que le client soit content de la pièce qu’on ait faite. »
Un bonheur n’arrivant jamais seul, Jérémie a fini par convertir son épouse, Aurélie, au départ fleuriste. Il confie : « Ma plus grande réussite dans ce métier, c’est d’avoir eu la chance de former mon épouse Aurélie, qui travaille actuellement à mes côtés, qui est une excellente soudeuse. En tant que mari, je suis comblé. En tant que professionnel, je suis comblé. Et en tant qu’ancien formateur, je crois que j’ai atteint les sommets. »
Thierry Michel, chargé d’affaires chez Faust, décrit Jérémie, « notre référent soudeur et formateur » comme « quelqu’un qui a une expérience qui ne fait que croître. Il se forme en permanence ».
Notre soudeur amoureux a découvert les Golden Tech en 2024, et « cela m’avait beaucoup plu de découvrir aussi une nouvelle façon de travailler », se souvient celui qui projette « au minimum » de monter sur une des trois marches du podium, « mais j’espère avoir la première place ».
Deux Héros au défi du temps
Retour à Paris, au cœur de la compétition. Karine Giot, arbitre pour l’épreuve de soudeur, observe Jérémie. « Il a pris la stratégie assez habituelle, c’est-à-dire un programme par type de joint. Dans un premier temps, cela s’est bien passé, puis le fil est venu taper dans le joint et tout s’est décalé. Il a été obligé reprendre de sa programmation. Donc si vous voulez mon sentiment, à ce stade, ça risque d’être compliqué pour lui. »
Quant à Julien Olivieri, arbitre « fraiseur », reconnait qu’Anthony a réussi son cycle débauche, « mais vu le timing », il doute qu’il parviendra à finir sa pièce.
La suite dans le prochain épisode.