Damien, fraiseur : marcher dans les pas de son père
À Vaulx-en-Velin (Rhône), dans l’entreprise Ruiz Métallurgie, Damien, 31 ans, adore l’usinage. Fraiseur, responsable de production, cet ingénieur en mécanique a grandi au milieu des copeaux et des machines. Et derrière cette vocation, une figure : son père. « Ce qui m’a donné envie de faire ce métier ? C’est mon papa. Il a créé son entreprise, j’avais 5 ans. J’allais le voir à l’atelier, le soir après l’école et les week-ends, et j’ai été émerveillé de voir ces grosses machines, de voir ces pièces, de le voir partir d’un bloc brut, programmer, taper ses lignes de codes derrière sa machine, ça m’a vraiment donné envie de faire ce métier. Vraiment, la passion de la mécanique est venue de l’enfance. »
Damien incarne cette nouvelle génération qui a grandi dans l’atelier. Un métier qu’il voit comme une passion, une aventure technique, mais aussi un terrain d’expression. « Les conseils que je pourrai donner à un jeune, c’est de se faire un bagage technique solide, de persévérer dans l’atelier. Aujourd’hui, on manque énormément de personnes et on a tendance à faire dévier les jeunes de l’atelier alors que c’est un métier ultra passionnant, où on se fait plaisir, qui exige de l’autonomie. Je conseille vraiment de rester dans l’atelier, parce que c’est l’avenir. »
Dans le métier de fraiseur, les machines évoluent sans cesse, les outils changent, les techniques se perfectionnent. Damien, lui, reste concentré. « Dans une semaine je participe aux Golden Tech en tant que fraiseur, confiait-il. La pression commence à monter. Je me suis suffisamment préparé en usinant quelques pièces test et surtout en les programmant. Je suis stressé parce que j’espère quand même être à la hauteur. Je ne voudrais pas m’avancer sur le résultat final, parce que je ne connais pas le niveau des autres concurrents. Une chose est sûre, je vais me donner à 200 %. »
Sous l’œil des arbitres : chaque erreur peut être fatale
Damien est encore loin d’avoir gagné. L’épreuve est redoutable. Trois heures pour tout faire, de la programmation à l’usinage. « Cette épreuve, elle est assez difficile, parce qu’il y a une pièce complète à réaliser, à programmer en trois heures. Donc le timing est très très serré », témoigne Julien Olivieri, arbitre en fraisage.
Un faux pas, et tout peut s’effondrer
Et de poursuivre : « Damien a déjà attaqué la partie programmation. Par contre, il n’est pas sorti complètement du problème, parce que tout crash, toute casse-outil peut être éliminatoire. Donc, jusqu’à la dernière minute il peut être éliminé. »
Heureusement, les arbitres sont là pour l’accompagner sur la machine. « On sait que tu ne connais pas la machine, donc à tout moment tu peux poser des questions sur son fonctionnement, il n’y a aucun problème là-dessus », avertit un arbitre.
Dernière heure : la tension est à son comble
Les candidats entament la dernière ligne droite. L’heure où tout peut se gagner… ou se perdre. Le rythme s’accélère, les visages se ferment. À ce stade, il n’y a plus de place pour l’erreur.
Qu’ils soient concepteur, roboticien, tourneur ou fraiseur, ces trois candidats partagent un même moteur : la passion de l’industrie. Ils incarnent ces métiers techniques, qui marient innovation et transformation de la matière.
À l’heure où l’on manque cruellement de bras qualifiés dans les ateliers, les Héros de l’industrie rappellent que derrière chaque pièce, chaque robot, chaque ligne de codes, il y a des talents, des histoires, des vocations.
Le compte à rebours est lancé. Qui fera la différence sous la pression du chrono ? Qui maîtrisera son stress, sa machine, sa stratégie ? À découvrir dans l’épisode 4 des Héros de l’Industrie.