Les Héros de l’industrie – Episode 4 :

Ils jouent gros dans la dernière heure

La dernière heure de compétition a sonné. Une heure décisive.

Une heure où chaque mouvement, chaque réglage, chaque doute peut faire basculer le classement. C’est maintenant que tout se joue.

Les visages se ferment, les regards se fixent sur les machines. Les mains tremblent parfois, mais les esprits restent concentrés. Dans les ateliers, l’ambiance est électrique.

Le moindre raté, la moindre seconde perdue peut coûter cher.

Bienvenue dans l’épisode 4 des Héros de l’industrie.

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Gaël, concepteur produit : viser juste du premier coup

Pour Gaël, la difficulté s’est jouée très tôt dans l’épreuve. Pas de pièce à usiner ou de robot à calibrer, mais une feuille blanche à remplir de bonnes idées et de bons choix techniques. « La partie la plus difficile de l’épreuve ? Cela a été de concevoir tout le design de la coque [reproduire le Paddle Boat de Léornard de Vinci]. J’ai choisi de concevoir une coque avec trois grosses roues à aube. Et, afin de pouvoir designer la coque, il me fallait trouver les bonnes dimensions, en sachant qu’en amont, on n’avait que deux heures de préparation, il faut quand même viser juste du premier coup. »

Le défi de la conception produit, c’est d’allier créativité et rigueur, dans un temps ultra serré. Un travail de passion, de méthode, mais aussi d’instinct. Gaël l’a bien compris : il faut savoir trancher, et vite.

Florian, roboticien : confiant sur la programmation, moins sur la caméra

Du côté de Florian, c’est dans le monde de la robotique que tout se joue. Programmation, vision, automatisation… Le robot ne fera rien sans des ordres parfaitement pensés. « Je partais confiant sur la programmation, mais peu confiant sur la vision parce que c’est un aspect que j’ai moins eu l’occasion de travailler [le robot, programmé pour assembler des modules de batterie, doit également être capable de détecter des modules usagés], donc je me suis entraîné chez moi. Je me suis préparé, analyse-t-il. Tout ce qui était partie programmation et structuration au programme, par contre je n’étais pas inquiet. »

Florian a misé sur sa méthode et ses entraînements. Mais l’épreuve lui impose de sortir de sa zone de confort. Il sait que la précision des capteurs et l’interprétation de l’image peuvent tout changer. À ce stade, chaque seconde compte, et chaque bug peut être fatal.

Xavier, tourneur : la pression d’un compétiteur

Xavier n’en est pas à sa première expérience dans ce genre de compétition. Mais cette fois, ce n’est pas en tant que coach qu’il est présent. C’est lui qui se retrouve sur le ring. « Cette fois-ci je suis compétiteur. Et c’est vrai que ce n’est pas simple. Il y a quand même de la pression, il faut faire attention à tout. »

Et cette pression, elle est bien réelle. Être précis, rapide, efficace… tout en restant calme. Pour un tourneur, c’est un combat contre le temps, mais aussi contre l’angoisse du crash ou du défaut d’usinage. Xavier joue gros – et il le sait.

 

Damien, fraiseur : marcher dans les pas de son père

À Vaulx-en-Velin (Rhône), dans l’entreprise Ruiz Métallurgie, Damien, 31 ans, adore l’usinage. Fraiseur, responsable de production, cet ingénieur en mécanique a grandi au milieu des copeaux et des machines. Et derrière cette vocation, une figure : son père. « Ce qui m’a donné envie de faire ce métier ? C’est mon papa. Il a créé son entreprise, j’avais 5 ans. J’allais le voir à l’atelier, le soir après l’école et les week-ends, et j’ai été émerveillé de voir ces grosses machines, de voir ces pièces, de le voir partir d’un bloc brut, programmer, taper ses lignes de codes derrière sa machine, ça m’a vraiment donné envie de faire ce métier. Vraiment, la passion de la mécanique est venue de l’enfance. »

Damien incarne cette nouvelle génération qui a grandi dans l’atelier. Un métier qu’il voit comme une passion, une aventure technique, mais aussi un terrain d’expression.  « Les conseils que je pourrai donner à un jeune, c’est de se faire un bagage technique solide, de persévérer dans l’atelier. Aujourd’hui, on manque énormément de personnes et on a tendance à faire dévier les jeunes de l’atelier alors que c’est un métier ultra passionnant, où on se fait plaisir, qui exige de l’autonomie. Je conseille vraiment de rester dans l’atelier, parce que c’est l’avenir. »

Dans le métier de fraiseur, les machines évoluent sans cesse, les outils changent, les techniques se perfectionnent. Damien, lui, reste concentré. « Dans une semaine je participe aux Golden Tech en tant que fraiseur, confiait-il. La pression commence à monter. Je me suis suffisamment préparé en usinant quelques pièces test et surtout en les programmant. Je suis stressé parce que j’espère quand même être à la hauteur. Je ne voudrais pas m’avancer sur le résultat final, parce que je ne connais pas le niveau des autres concurrents. Une chose est sûre, je vais me donner à 200 %. »

Sous l’œil des arbitres : chaque erreur peut être fatale

Damien est encore loin d’avoir gagné. L’épreuve est redoutable. Trois heures pour tout faire, de la programmation à l’usinage. « Cette épreuve, elle est assez difficile, parce qu’il y a une pièce complète à réaliser, à programmer en trois heures. Donc le timing est très très serré », témoigne Julien Olivieri, arbitre en fraisage.

Un faux pas, et tout peut s’effondrer

Et de poursuivre : « Damien a déjà attaqué la partie programmation. Par contre, il n’est pas sorti complètement du problème, parce que tout crash, toute casse-outil peut être éliminatoire. Donc, jusqu’à la dernière minute il peut être éliminé. »

Heureusement, les arbitres sont là pour l’accompagner sur la machine. « On sait que tu ne connais pas la machine, donc à tout moment tu peux poser des questions sur son fonctionnement, il n’y a aucun problème là-dessus », avertit un arbitre.

Dernière heure : la tension est à son comble

Les candidats entament la dernière ligne droite. L’heure où tout peut se gagner… ou se perdre. Le rythme s’accélère, les visages se ferment. À ce stade, il n’y a plus de place pour l’erreur.

Qu’ils soient concepteur, roboticien, tourneur ou fraiseur, ces trois candidats partagent un même moteur : la passion de l’industrie. Ils incarnent ces métiers techniques, qui marient innovation et transformation de la matière.

À l’heure où l’on manque cruellement de bras qualifiés dans les ateliers, les Héros de l’industrie rappellent que derrière chaque pièce, chaque robot, chaque ligne de codes, il y a des talents, des histoires, des vocations.

Le compte à rebours est lancé. Qui fera la différence sous la pression du chrono ? Qui maîtrisera son stress, sa machine, sa stratégie ? À découvrir dans l’épisode 4 des Héros de l’Industrie.

Nos cinq héros

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Florian Beuscart

Roboticien

29 ans

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Xavier Escarabajal

Tourneur

50 ans

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Gaël Léonard

Concepteur produit

35 ans

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Damien Leone

Fraiseur

31 ans

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Quentin Tessier

Soudeur

40 ans