Xavier : le prof devenu compétiteur
Direction Samatan, dans le Gers. On pousse la porte du lycée technique Clément-Ader, et on découvre Xavier Escarabajal. Depuis 2004, il forme des élèves aux métiers de l’usinage, du bac pro jusqu’au BTS. En clair : comment transformer un bloc de métal brut en pièce de haute précision, grâce à des tours, des fraiseuses et des logiciels de CFAO. Mais aujourd’hui, Xavier change de casquette : il quitte son rôle de prof pour enfiler celui de compétiteur.
Cet enseignant, entré dans l’Education nationale en 1998, a rejoint le lycée Clément-Ader en 2004. Mais il ne se voyait pas un jour devenir compétiteur. Et pourtant, le voilà à programmer, à simuler, à faire des essais sur machine pour se préparer. Ce concours, c’est un saut dans l’inconnu. « Les Golden Tech, c’est une épreuve assez difficile, surtout je n’ai pas du tout l’habitude de participer à ce genre de compétition, c’est une première pour moi », confie-t-il.
Derrière lui, ses collègues le soutiennent sans réserve. « Xavier, il a besoin de faire des projets. Il ne s’arrête jamais. Il a quatre vies professionnelles en même temps. Je trouve ça chouette qu’il aille au bout de ce qu’il a envie de faire », témoigne Agnès Reinhard, enseignante.
Sur la ligne de départ au Golden Tech à Lyon, notre enseignant est concentré devant l’écran de son ordinateur, les doigts sur les touches de son clavier. Un dernier clic de souris, puis il est temps de passer aux choses concrètes. « Xavier a bien avancé, il a fini sa programmation, il est parti maintenant sur la machine. En revanche, il pourrait éventuellement rencontrer quelques difficultés du fait des outils qu’il a choisis qui pourraient peut-être le désavantager maintenant sur la machine en termes de temps. Je suis moyennement confiant », lâche Benoît Lallier, arbitre pour le métier de tourneur.
C’est tout l’enjeu : faire les bons choix techniques, anticiper, optimiser. Et tout ça sous pression. Pas évident, même pour un prof chevronné. Et c’est là toute la beauté de la compétition : elle révèle des zones d’inconfort… et de dépassement.
Quentin : la soudure comme signature
Changement de décor. Bienvenue à Vitrolles (Bouches-du-Rhône), au cœur du service métallurgie d’Eiffage Énergie Systèmes. C’est ici que Quentin Tessier, 24 ans, exerce son métier de soudeur industriel. Son terrain de jeu ? Les tuyauteries en tout genre, à souder avec une précision chirurgicale. Son quotidien est exigeant : chaque soudure est contrôlée, parfois radiographiée, aucune erreur n’est tolérée. « Je fais beaucoup de soudure sous contrainte en radiographie. Depuis deux ans, je travaille pour la société Eiffage », se présente Quentin, soudeur depuis l’âge de… 14 ans. Il a grandi avec un chalumeau entre les mains. Il vit, respire et pense soudure. Et pour lui, chaque cordon est une œuvre en soi. « Pour un soudeur, sa soudure c’est sa signature. »
Mais au-delà de l’exigence, c’est la diversité du métier qui le fait vibrer. « Ce qui m’a donné envie de faire ce métier, c’est qu’avec la soudure, on peut tout faire, des voitures, des avions, des trains… », explique Quentin, qui adore tellement son métier, qu’il veut le faire découvrir au plus grand nombre. « C’est un métier où on ne s’ennuie jamais. On ne fait jamais vraiment la même chose. »
Alors, quand il entend parler des Golden Tech, il fonce. « Je suis super content de pouvoir y participer et de découvrir de nouvelles choses. » Sur le terrain, Quentin découvre une nouveauté de taille : la programmation robotique. Pour un soudeur manuel, c’est un vrai challenge. « La difficulté, c’est qu’il n’a pas la connaissance de la programmation du robot, ça reste assez simple, mais il lui faut au moins deux jours de formation », analyse Jean-Luc Bombardier, arbitre.
Et le temps, justement, commence à manquer. « Il en est à la moitié de la réalisation. Il peut encore louper l’épreuve », confie l’arbitre. Mais Quentin garde le cap. Zen. Posé. Il soude, il apprend, il avance.
Deux candidats, une même passion
Derrière le bruit des machines, des arcs électriques ou le défilement des codes G sur la commande numérique, on retrouve deux personnalités entières, passionnées. Deux pros qui n’ont pas peur de sortir de leur zone de confort. Xavier et Quentin incarnent ces Héros de l’industrie qui transmettent, qui inventent, qui fabriquent l’avenir, au sens propre du terme.
Et ils prouvent aussi une chose essentielle : dans les métiers de la mécanique, de la soudure, de la robotique, il y a de la place pour tous les profils. Pour ceux qui aiment le concret. Pour ceux qui veulent innover. Pour ceux qui cherchent du sens.
La suite ?
La compétition continue. Les erreurs coûtent cher. Les bons choix paient. Mais dans tous les cas, ce sont les candidats qui écrivent leur histoire. Dans l’atelier, sous les regards du jury, entre stress et adrénaline, les vocations prennent corps. Et c’est ça, la magie de cette série : elle révèle ce qu’on ne voit jamais. Les coulisses. Les doutes. Les progrès.
Vous avez envie de savoir si Quentin arrivera à finir sa programmation ? Si Xavier réussira à aller jusqu’au bout malgré les aléas de l’usinage ?
La suite dans le prochain épisode.