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En Pays de Savoie, on nettoie les pièces au CO2

15.03.2017
DFD DENSE FLUID DEGREASING - En Pays de Savoie, on nettoie les pièces au CO2

Une jeune entreprise du Bourget-du-Lac a créé une machine de lavage utilisant le dioxyde de carbone liquéfié pour le transformer en un solvant non polluant. Pour le décolleteur Eclide microdécolletage, qui a acquis le premier modèle en Haute-Savoie, il s'agit d'une véritable solution d'avenir.

Quand Denis Debalme, dirigeant d'une petite entreprise de décolletage de Cluses, en Haute-Savoie, a investi en 2004 dans une machine de nettoyage au solvant A3, à base d'alcool, il s'est rapidement rendu compte qu'elle était inadaptée à ses pièces en matière plastique, comme le Peek, POM et PTFE. La machine ne parvenait pas à sécher les pièces en fin de lavage. Et " le problème du solvant A3, c'est qu'il ne s'évapore pas à l'air ambiant ", se souvient-il.

Pour pallier à cela, il décide à regret de continuer d'utiliser des solvants chlorés (chlorure de méthylène), plus volatils, en réservant le A3 à ses pièces métalliques.
Conscient que le procédé chloré n'est pas viable dans le temps, le décolleteur se rapproche, en 2013, du Centre technique de l'industrie du décolletage (Ctdec), implanté également au coeur de la vallée de l'Arve, pour l'aider à trouver une solution plus respectueuse de l'environnement et de la santé de l'opérateur.

Expert dans les procédés de nettoyage et de dégraissage Miguel Cruz l'oriente vers une société savoyarde qui effectue des travaux de recherche sur un dispositif de lavage au CO2 supercritique, et qui cherche justement des industriels prêts à définir un cahier des charges et tester ses futures machines.


L'entreprise DFD (Dense Fluid Degreasing), fondée en juillet 2012 au Bourget-du-Lac par Dominique Rossignol, s'intéresse à la technologie du CO2 supercritique, un process que le CEA (Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives) a mis au point. Dès qu'elle a obtenu le droit d'exploitation exclusive de la licence du brevet, elle a cherché à développer une application industrielle en s'aidant du Cetim.

L'objectif : " Offrir aux industriels une alternative propre, sûre et efficace aux traditionnels procédés lessiviels, chlorés ou pétroliers, polluants voire dangereux ", argumente cette société de sept personnes, dont quatre ingénieurs.


Solvant apolaire
Epaulée par un ingénieur-chercheur du CEA Marcoule LPSD (Laboratoire des procédés supercritiques et décontamination), l'équipe de DFD, aujourd'hui reconnue comme organisme de recherche et développement privé agréé par le ministère de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (MENESR), a construit une première machine, la MC 83.1, autour d'une chambre de travail de 83 litres, permettant de traiter deux paniers à la fois.
Mais comment fonctionne une machine au CO2 supercritique ? D'abord chauffé à basse température, le dioxyde de carbone liquéfié est ensuite mis en pression (au-delà de 31°C et de 73 bars) pour atteindre son domaine supercritique, un état intermédiaire où le CO2 est presque aussi dense qu'un liquide et aussi diffus qu'un gaz. " Il peut ainsi être utilisé comme un solvant apolaire pour des actions de dégraissage en profondeur de pièces, sans eau, ni impact pour l'environnement ", explique DFD.


Pas d'oxydation des matériaux
Si ce procédé innovant permet d'éviter toute pollution de l'air dans l'atelier, un argument auquel a été sensible Denis Debalme, le CO2 supercritique est également neutre, donc sans risque d'agression ou d'oxydation des matériaux. DFD précise qu'il peut s'infiltrer dans tous les interstices des pièces métalliques (du titane à l'aluminium) comme des polymères, et ce, quelles que soient leurs typologies de formes. Le nettoyant parvient jusqu'aux cavités borgnes ou très étroites, assure le fabricant, qui a ajouté un dispositif à ultra-sons afin d'améliorer la qualité de nettoyage et de résoudre des problématiques aigües de nettoyage, rencontrées sur des matériaux poreux, comme les traces blanches après séchage.
Séduit par ce procédé dès 2013, le décolleteur de 46 ans constate à l'issue des essais, en 2015, que la machine de DFD est au point. " Mes pièces plastique ressortaient propres et sèches ", se souvient-il. Seulement voilà, pour Eclide microdécolletage, le modèle proposé par DFD était " trop encombrant et trop cher ", souligne Denis Debalme, qui a particulièrement apprécié que son fournisseur, qu'il considère comme un véritable partenaire, fût prêt à concevoir une machine adaptée à la taille de ses pièces. En septembre 2016, DFD lui livrait un modèle avec une chambre de travail de 4 litres pour un panier, baptisé MC 4.1, mesurant moins de deux mètres de long pour quatre-vingt centimètres de profondeur, et pouvant recevoir des paniers cylindriques Novel TA125. " C'est une première mondiale qui se trouve dans mon sous-sol ", se félicite Denis Debalme, convaincu qu'il s'agit d'une " alternative verte aux solvants polluants ", comme le décrit DFD. " Et je suis particulièrement fier d'avoir contribué à l'essor d'une jeune pousse française. Pour moi, le CO2, c'est le procédé de nettoyage du futur, cela ne fait aucun doute ", ajoute-t-il.

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