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Athletics 3D, la start-up qui séduit les grands biathlètes

28.02.2019
ATHLETICS 3D - Athletics 3D, la start-up qui séduit les grands biathlètes

Après avoir réalisé des pièces ergonomiques pour la carabine du champion olympique Martin Fourcade, le jeune pousse de Villard-de-Lans a vu d’autres biathlètes frapper à sa porte, dont le légendaire Ole-Einar Bjoerndalen.


Village typique de montagne, niché au pied des plus hauts sommets du massif du Vercors septentrional, Villard-de-Lans (Isère) est le camp de base de la start-up Athletics 3D, fondée par le Villardien Clément Jacquelin.

Après avoir remporté le titre de champion du monde junior de biathlon en 2009 et obtenu, sept ans plus tard, son diplôme d’ingénieur à l’Institut polytechnique de Grenoble (INP), lauréat du Trophée des ingénieurs du futur 2017 décerné par l’Usine Nouvelle, ce jeune entrepreneur de 28 ans équipe désormais les plus grandes légendes mondiales de son sport favori : le Norvégien Ole-Einar Bjoerndalen, le Français Martin Fourcade, et depuis cet hiver l’Allemande Laura Dahlmeier.


Sa spécialité ? Concevoir puis fabriquer des pièces ergonomiques pour les carabines des biathlètes. Déjà, lorsqu’il avait rejoint l’équipe de France, « il y avait un truc que j’aimais faire, c’était de trafiquer mon matériel », se souvient-il. De ses semelles orthopédiques, qu’il dit avoir « recoupées », aux chaussures sur lesquelles « je mettais des élastiques un peu de partout ».

Et bien sûr sa carabine, « que je customisais, en modifiant les poignets, jusqu’à mettre différentes pâtes pour avoir une meilleure ergonomie ».


Etudiant-entrepreneur


Bien qu’athlète de haut niveau, Clément Jacquelin est aussi attiré par l’innovation. Alors pourquoi pas rapprocher ces deux univers. Surtout si ses pièces ergonomiques rendent ses tirs toujours plus précis. Le ski d’un côté, la prépa à une école d’ingénieurs de l’autre.

Mais au fil du temps, il a dû mettre un terme à sa carrière de sportif, pour prendre le statut d’étudiant-entrepreneur au sein du pôle Pépite oZer. Il ne lâchera pas pour autant ses skis et sa carabine, en créant l’association Biathlon Start-up.

« De manière à pouvoir tester mes produits dans les conditions de compétitions », admet le jeune champion.
A l’approche de son diplôme, il vient également au bout de son projet : celui de fabriquer « une carabine sur-mesure issue des technologies 3D ». Pour cela, il s’est appuyé sur la plate-forme d’innovation et de valorisation industrielle S-MART Dauphiné-Savoie, dans laquelle sa start-up Athletics 3D a été incubée.

Procédé de stratoconception pour la crosse en bois, technologique EBM (Electron Beam Melting) pour imprimer le becquet d’épaule en titane et l’éjecteur, imprimante 3D à fil pour le pommeau. Et un mini-scanner pour collecter les données morphologiques, notamment.
Tout va s’accélérer lors d’un échange sur le réseau social LinkedIn avec l’ancien biathlète isérois Raphaël Poirée, qui l’incite à présenter sa carabine aux athlètes présents à Oslo, lors de la coupe du monde de biathlon, en 2016.

Parmi eux, Ole-Einar Bjoerndalen, le maître de la discipline. Venu écouter le jeune Français, le Norvégien finira par être séduit par le concept et lui commandera une carabine. Pour la crosse, l’athlète le plus médaillé de l’histoire des Jeux olympiques d’hiver veut du bois laminé avec plusieurs essences et demande différentes modifications pour les autres accessoires. « Puis, il m’a dit : ‘‘Quand est-ce que l’on commence ? J’ai répondu : ‘‘Maintenant’’ », se souvient Clément.

« Et c’est dans le couloir de l’hôtel que nous avons commencé à travailler. Avec un mini-scanner 3D, j’ai scanné sa crosse, ses mains, son épaule, il fallait que je prenne un maximum de données dans un temps très courts. Je m’étais préparé à faire face à ces opportunités depuis plus de deux ans, et le process fut lancé.

Le modèle CAO fut travaillé dans l’avion. » A son retour à Grenoble, et le temps de trouver et demander à concevoir la matière première demandée, « j’ai vite réservé l’utilisation des machines sur la plate-forme S-MART DS, et en deux semaines je lui avais fabriqué son premier modèle. »


Un biathlète pointilleux


Puis, c’est au domicile de Bjoerndalen, à Innsbruck, en Autriche, que Clément lui présente sa réalisation.

Il raconte : « Les sensations sont incroyables, c’est comme prendre le départ d’une grande compétition. On s’y prépare et pourtant on se demande toujours qu’est-ce qu’il va se passer. Il s’est mis en position avec la carabine, au milieu du salon, et il m’a dit : ‘‘It’s look great’’. Et là, je vois le pointilleux. Il fait de petits ajustements techniques. » Athletics 3D lui fabriquera l’éjecteur en titane, mais avec son propre design. « Bjoerndalen avait déjà usiné une forme bien à lui.

Mais en plus, il voulait une rugosité bien spéciale, un ‘‘shape’’ plus fluide et une légèreté accentuée », explique Clément, qui a travaillé avec le Cetim pour réaliser la pièce en 3D.
Mais un autre challenge attend le Villardien. Concevoir en 3D le bedding (interface entre la crosse et le canon réalisée depuis une empreinte en résine) de la carabine du champion olympique.

« Il était prêt pour que je fasse un scan de sa crosse, qu’il utilise en compétition, sur place à Oslo, donc il fallait que ce soit rapide, en moins de deux heures, et que le bedding soit ultraprécis. C’était ses trois conditions. » Or, Clément n’avait pas le matériel adéquat pour répondre à ce cahier des charges. « C’est là où j’ai eu besoin d’une technologie comme celle de Zeiss, confie-t-il.

Je connaissais cette marque pour l’ultraprécision de ses lentilles, mais pas pour la partie métrologie. » Rencontrés sur un salon, les interlocuteurs de Zeiss France « ont été bons sur les trois exigences de Bjoerndalen ».

Ils ont proposé à Clément le Comet L3D 2, un scanner 3D par lumière structurée, qui permet de collecter les données d’un objet, mais aussi une partie du corps humain pour les applications d’Athletics 3D, à une vitesse de saisie pouvant atteindre jusqu’à deux millions de points de mesure en quelques secondes, et n’importe où.
Comme un succès n’arrive jamais seul, c’est une autre biathlète aux titres exceptionnels, l’Allemande (comme Zeiss) Laura Dahlmeier, qui a commandé à Athletics 3D des pommeaux ergonomiques pour sa carabine, pour sa saison 2018-2019. « Nous lui avions déjà scanné sa main gauche avec le Comet », affirme Clément Jacquelin, qui s’est intéressé désormais à d’autres disciplines sportives, comme celle du tir de précision au pistolet avec les sœurs Céline et Sandrine Goberville, et le ball-trap avec Anthony Terras. Quant à Martin Fourcade, « il tire toujours aussi bien ».

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